Payer en espèces permet d’être opéré plus rapidement !

AllemandFrançaisItalienRomancheAnglais- |› ChatGPT

Publié le 18 novembre 2025 à 16:30 par Fee Anabelle Riebeling. Fee Anabelle Riebeling (fee) travaille pour 20 Minuten depuis 2014. Elle est cheffe adjointe Connaissance, History & Digital et responsable du comité spécialisé Vérification & fact-checking

Suisse«Absolument contraire à l’éthique» : payer en espèces permet d’être opéré plus rapidement

Bien que l’assurance de base couvre l’intervention, certains médecins demandent un paiement en espèces pour les opérations. Ils ne délivrent aucun reçu. Ces paiements ne sont pas non plus déclarés.

Les médecins sont très occupés. Ainsi, certains patients doivent attendre plus longtemps pour une intervention chirurgicale. Cela les amène parfois à accepter des exigences que les experts qualifient «d’absolument contraires à l’éthique» : des paiements en espèces, «pour être opérés plus tôt ou même pour être traités.» Et cela, bien que l’intervention soit couverte par l’assurance de base obligatoire. C’est ce que rapporte le «Tages-Anzeiger» (article payant). Aucun reçu n’est délivré pour ces paiements. Il n’existe non plus aucun autre document écrit. Le montant le plus élevé exigé serait de 8000 francs.

Pas des cas isolés, un nombre élevé de cas non signalés est supposé

La fréquence de ces honoraires supplémentaires non déclarés est inconnue. Mario Fasshauer, directeur de la Permanence Patients Zurich, parle «d’un nombre important de cas non signalés». Au cours des six derniers mois, 32 cas ont été signalés dans les sept services regroupés au niveau suisse. Ils concernent toute la Suisse, avec une concentration dans la région de Zurich. Il suppose une augmentation récente. «Je pense que certains médecins ont compris que ces honoraires peuvent être exigés sans conséquences.» Les cas sont actuellement analysés.

Situation juridique incertaine

La situation n’est pas totalement claire : «Un traitement préférentiel ou plus rapide de patients bénéficiant de prestations LAMal en fonction d’honoraires supplémentaires n’est pas autorisé», indique la Société médicale du canton de Zurich. Elle se réfère au principe d’égalité de traitement selon la LAMal. Le département de la santé de Bâle-Ville partage cet avis : «Des honoraires supplémentaires non déclarés pour obtenir un accès à des prestations médicales ne sont pas autorisés.»

Le canton de Berne a déclaré que chaque cas devait être examiné individuellement. Le canton de Zurich précise que «selon la LAMal, des prestations supplémentaires peuvent être facturées si le patient y consent – cela pourrait inclure une priorisation temporelle d’une intervention», selon le «Tages-Anzeiger». Selon la présidente de la FMH Yvonne Gilli, ces prestations peuvent être légalement admissibles «dans un cadre réglementé». L’essentiel est que «les prestataires garantissent au minimum le standard de l’assurance obligatoire». De plus, il doit s’agir d’une «véritable prestation supplémentaire».

«Contraire à nos directives»

Pour Brida von Castelberg, ancienne médecin-cheffe de la clinique gynécologique de l’hôpital Triemli et aujourd’hui conseillère de l’Académie de médecine humaine, «ces honoraires sont absolument contraires à l’éthique». Michele Genoni, président de la FMCH, abonde : «Des demandes d’argent non déclarées sans prestations contractuelles ni justificatifs ne sont pas éthiques et vont à l’encontre de nos directives.»

Principalement des médecins agréés, mais aussi des salariés et des généralistes

Selon Fasshauer, les cas concernent surtout des médecins agréés opérant de manière indépendante dans des hôpitaux. Dans certains cas, des médecins salariés ont également été impliqués. L’organisation suisse des patients SPO connaît aussi des cas où des médecins de famille ont exigé des paiements en espèces, notamment lors de services d’urgence le week-end. «Dans un cas, l’argent a dû être déposé en espèces pour que le médecin examine l’enfant accompagné de son père», cite le «Tages-Anzeiger» Cathrine Arnold.

Grand nombre de cas non signalés : pourquoi ne sont-ils pas déclarés ?

Arnold évoque deux raisons : d’une part, les conseils sont souvent payants, d’autre part les personnes concernées doivent «faire preuve de courage pour témoigner en leur nom». La peur joue aussi un rôle : beaucoup sont satisfaits de leur médecin et craignent de ne plus être traités. Elle recommande «de ne pas payer et de demander un deuxième avis». La Permanence Patients Zurich a mis en place une plateforme pour signaler ces cas. 1034x

Retour à la page d’accueil ou à l’index ou à la sélection „Incroyable ce qui existe“